Coups de cœur·Livres

Neuf-cent cinquante-huit pages de bonheur

Le Prieuré de l’Oranger est un beau pavé de presque mille pages écrit par l’autrice britannique Samantha Shannon. En France, il est traduit par Benjamin Kuntzer et Jean-Baptiste Bernet, et publié aux éditions De Saxus. 

Ce roman est, pour l’instant, l’un de mes coups cœur de l’année 2020 pour une simple et bonne raison : quel plaisir de lire un univers de fantasy qui ne soit pas patriarcal, hétéro-normé et sexiste. Pas de violences faites aux femmes, pas d’hyper-sexualisation des personnages féminins (ni masculins), pas d’agression sexuelle tous les trois chapitres… Bref, un bonheur, et une chose est sûre : c’est que je ne lirai plus jamais de la fantasy comme avant, mes exigences ont changé (je vous conseille d’ailleurs l’article de Planète Diversité à ce sujet).

Enfin c’est bien beau tout ça, mais Le Prieuré de l’Oranger, ça raconte quoi ? 

On y suit le destin de plusieurs personnages, notamment Sabran, Ead, Tané, Niclays et Artheloth Ru, dit « Loth ». Ce sont, entre gros guillemets, les principaux, car les personnages sont nombreux dans cet univers étendu. 

Sabran Berethnet est la reine du reinaume d’Inys, à l’Ouest. Elle doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son peuple de la destruction, mais rechigne à se marier. Ead Duryan, quant à elle, est une servante de la reine, et a pour mission de la protéger à tout prix, même si pour cela elle doit utiliser une magie interdite. 

De l’autre côté de l’abysse, à l’Est, Tané rêve de devenir dragonnière et s’entraîne dur pour cela. Pourtant, elle prend une décision qui pourrait bien bouleverser ses plans. 

Alors que l’Ouest et l’Est se divisent un peu plus chaque jour, une ancienne menace s’élève, et l’humanité va devoir s’unir, si elle veut avoir une chance de lui faire face. 

Navrée pour ce résumé approximatif, mais comprenez que l’univers est assez vaste, fourni et complexe, et qu’en dire plus aurait sans doute pris une page entière. D’ailleurs, la première partie du livre (découpé en six parties) — voire la première moitié — pose clairement les bases, si bien qu’on ne se perd pas. Le début est certes plutôt lent, mais immersif. L’action et le suspense augmentent clairement à la deuxième moitié. 

Pour tout vous dire, j’ai mis du temps à lire ce pavé, j’ai retardé le plus possible le moment où j’allais le terminer, car je ne voulais pas quitter cet univers dans lequel j’étais si bien, ces personnages auxquels j’étais fortement attachée, et cette romance qui m’a fait chavirer, et que pour une fois j’aurais limite voulue plus présente (et quel plaisir de prendre son temps pour dévorer un livre, pour une fois).

D’ailleurs, parlons de cette romance : il n’y en a qu’une, et elle n’étouffe pas le reste de l’histoire. Plus, elle est entre deux femmes (je ne vous dirais pas lesquelles, même si ça se devine très vite), elle n’est pas instantanée, se construit sur une base solide et prend son temps. Bref, le type de romance que j’adore. 

Je pense que ce que j’ai préféré dans Le Prieuré de l’Oranger (outre l’univers), c’est clairement ça : les personnages, et leurs relations. Car Samantha Shannon nous dépeint aussi des amitiés très fortes. 

En soi, il est vrai que l’histoire n’a rien de transcendant, et certains éléments de la fin sont résolus un peu trop rapidement et facilement à mon goût. Si vous avez l’habitude de lire beaucoup de fantasy, Le Prieuré de l’Oranger pourrait vous sembler un peu fade, mais à moi, ça me convient. 

N’ayez pas peur de ses quasi mille pages et plongez-vous dans cette lecture, car comme je l’ai dit, l’univers est très immersif, et la variété de personnages et d’aventures fait qu’on ne s’ennuie jamais (bien que j’aie une petite préférence pour le point de vue d’Ead). 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s